Depuis une dizaine d’années, le jeu sort du cadre du divertissement. Politiques, groupes de presse, entreprises ou musées s’inspirent des mécaniques du jeu pour accroître l’engagement de leurs publics, notamment des plus jeunes. En quoi consiste cette « gamification » ? Comment l’appliquer à notre échelle ?

Tour d’horizon de ces fausses frivolités 🙂

Rendre sexy la politique

Le jeu pour sensibiliser les jeunes à la politique, c’est le pari réussi de l’équipe lauréate du Hackapress Les Echos. Organisé il y a quelques mois dans les locaux de Sciences Po, cet événement réunissait journalistes, étudiants et professionnels sur le thème des nouvelles relations au lecteur et l’évolution du métier de journaliste.

« Moi President » est une idée qui a émergé de ce week-end, un serious game invitant les lecteurs à se mettre dans la peau d’un candidat à la présidentielle et à élaborer leur programme économique en fonction de l’actualité. Le joueur est guidé dans ses choix par des articles ou vidéos des Echos et doit prendre des décisions en fonction de l’actualité.

Moi Président, réalisé avec PandaSuite

En savoir plus >> Un hackathon pour transformer la presse (Les Echos)

Cette approche ludique de la politique a encore récemment été illustrée par la sortie de « Fiscal Kombat », un jeu vidéo développé par des sympathisants de La France Insoumise. Sous des faux airs de Mortal Kombat, il prend comme thème central la lutte contre la fraude pour opposer Jean-Luc Mélenchon à d’autres personnalités politiques et faire passer les messages politiques du candidat.

fiscal kombat

Le dernier jeu vidéo de la campagne présidentielle

Depuis quelques années, de nombreux politiques ont compris les bénéfices de la « gamification » pour élaborer des « coups marketing » et refléter une image plus dynamique auprès du jeune électorat.

Le jeu s’invite dans l’entreprise

Mais ce ne sont pas les seuls ! Les entreprises se sont converties au jeu depuis quelques temps. A l’image de « Trust » le social game de Danone développé en 2012 pour renforcer sa marque employeur, les grands groupes n’hésitent plus à investir dans des supports ludiques pour le recrutement, la formation ou leur communication externe.

Trust

Danone, un des pionniers du social game

Les Sims, Trivial Pursuit ou encore Candy Crush deviennent alors autant de sources d’inspiration pour illustrer des thématiques moins « glamour » et expliquer des concepts complexes. L’agence MadeForCom a ainsi illustré les économies d’énergies en s’appuyant sur les codes de SimCity :

Les Sims en mode économies d’énergie

Le milieu culturel s’en est également emparé avec la multiplication des chasses au trésor à l’intérieur des musées. A l’aide d’indices répartis au travers des différentes salles, les visiteurs sont invités à découvrir l’ensemble d’une collection guidés par leur smartphone. Couplé aux capteurs Beacon, on imagine bien le potentiel addictif de ces jeux à taille humaine.

Comment s’inspirer de la gamification ?

Et nous dans tout ça ? Comment tirer partie de la gamification pour un dossier de presse, une application touristique, un support de formation, une présentation ou un livre interactif… ?

Contrairement au jeu, la gamification s’inscrit dans le monde réel, elle n’a pas pour objectif l’amusement mais la résolution de problématiques concrètes. Elle repose sur des mécanismes simples, riches en stratégies possibles, et réutilisables dans des contextes différents :

  • Un contrat de départ entre le joueur et l’application
  • Un thème central
  • Une narration
  • Une notion de progression
  • Des objectifs clairs et atteignables
  • Des récompenses et des sanctions (la loi de la carotte)
  • Un univers engageant et sympathique

Cet article du blog anglais Gamified dresse une liste de mécanismes ludiques dans lesquels vous pouvez piocher : 47 idées, mécanismes et éléments de gamification

A vous de jouer !